• stéphanie puech devaux

Déconfiné(e) ... comment?

Dernière mise à jour : 20 mai 2020

Le déconfinement synonyme de cri de joie? Certes, l'idée de "rendre"notre tablier d'instit. ou de prof. de bonne volonté, d'informaticien de circonstance, de coiffeur détesté à vie et de régulateur de gestion d'espace de vie et/ou d'humeurs familial nous déleste d'un poids...

J'ai observé cependant des rues presque vides, sans jeux d'enfants, sans discussion de passants (je n'ai pas vu les quartiers "bondés"!). A l'école, accueil avec traçages au sol pour distanciation physique, professionnels masqués et porteurs de gel hydroalcoolique. Côté collège, le fameux gel, les lingettes, les masques matin, après-midi, jouxtent les affaires scolaires. Les informations sur les gestes barrières nous sont relayés abondamment.

Nous vivons notre déconfinement comme une gestion de risque ?

Cortège d'émotions exacerbées, de ressentis inconfortables. Il ne s'agit pas d'un retour à la vie d'avant quoi qu'on en dise, ou que l'on se le répète à l'envi... "Faire comme avant"!

Notre cadre de référence en prend un coup! Nos croyances, bâties enfant, prennent parfois le dessus sur notre capacité de réflexion, notre prise de recul.

Et que faire avec ce "nouveau monde" à "construire"? Elle peut être inconfortable cette suggestion... impossible de retrouver son "avant" si rassurant, reconnu! En difficultés et questionnements face à de nouveaux et instables repères, se projeter dans un avenir insaisissable, inconnu peut paraître un étrange chemin ...

Me "re"trouver, m'approprier ce présent avec sérénité est déjà un pas à franchir.

Certains font "comme si", sourire, sur adaptation... Certains se mettent en position d'attente, de prolongation du confinement, de mise en veille...Certains vivent solitude ou retrait, anxiété du repli, anxiété de la sortie...

Et notre corps accomplit son œuvre et montre ce qui ne se dit pas : horloge biologique déréglée, récupération difficile, crispations, douleurs fugaces. Ce que nous mettons de côté se dévoile autrement.

De notre capacité à exprimer, dans cette période d'incertitudes, nos certitudes irraisonnées, s'enracine notre capacité à dépasser ces évènements. Notre attention, ou notre regard, est éminemment source de constructives avancées, bâtisseur de notre demain.

Comment portons nous attention à nos ressentis positifs, et comment les nourrissons- nous, les encourageons- nous chez nos proches? Je me relève d'un KO en étant OK! Le message "Vivre le positif" n'est pas une injonction au bonheur à tout crin, ni une pensée dogmatique hors réalité. C'est porter notre regard sur tous les aspects d'une situation et non seuls ceux qui me freinent, me peinent.

Nous vivons le déconfinement selon nos croyances, nos cadres de références auxquels il peut être complexe, sans écoute professionnelle, de s'ajuster. Or, la force de notre regard bâtit notre demain clairvoyant et apaisé. Nous ensemençons cette période de chacune de nos pensées, émotions, comportements tournés vers nous mêmes, à notre écoute. Et nous gagnerons en sérénité si nous apprenons à les laisser germer, croître et ne pas en éteindre la fertilité.



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